Les mots les vivants

Empreintes marques du temps Les beaux mots les vivants Qu'on retrouve en lisant Dans un... citons le Jardin d'agrément Ou une pièce de théâtre La plume fragile les retrace Un matin au musée Car comment s'a-muser, ah ! Quand privée de sa muse Si ce n'est en flânant Le regard tout scrutant Oui vous Je…

Chers lecteurs, Chers abonnés, Cher voyageur terrestre, lunaire ou imaginaire, Après quelque temps passé dans la lune, il est maintenant l'heure de s'armer de ses plus beaux yeux pour lire les textes consacrés à l'agenda ironique du mois de juillet et voter chez Louise, par ici. Mois de juillet caniculaire pour beaucoup d'entre nous. Mois…

La première floraison

Au jour clair Libéré, le papillon de nuit agonisant contempler la ville accoudé au point d'horizon porter un regard sans fond contemplant le ciel chercher ton visage toisant les feuillages inondés de lumière déjà à l'abandon attendant les prochains rayons déposer un baiser solaire filtrant sensible à la première floraison f. crédit photo : laplumefragile…

Pensée matinale (III)

J'aurais voulu saisir comme on saisit l'instant saisir ces mots de toi Ta voix cet élixir en saisir un extrait Concret et puissant Ta voix a filé dans un firmament Ces notes tout cet or qui ne peuvent jaillir J'ai cherché Ton absolu le cœur palpitant à l'écoute d'un chœur floral et chantant J'ai cherché…

Le chat du hasard

"Quand soudain..." - Quand soudain quoi ?! "Quand soudain..." - Quoi papy ? "Je ne me souviens plus". - Oh, mais zut à la fin ! tu te moques de moi ! "Oui, c'est dommage, hein, parce que c'est une très belle histoire. Quelle confusion... Si ta mamie était là, et papillon, aussi, il nous…

Des pieds à la tête

Je n'ai pas oublié. Même après tous ces jours écoulés sans nous appartenir, sans nous étreindre et sans nous contenter, je n'ai pas oublié. Je n'ai pas oublié cette sensation délicate et sensuelle, cette sensation agréable et nouvelle éprouvée la semaine passée. Cette sensation d'accord parfait, quand nos pieds... quand nos pieds se sont mis…

·······ti amo·········· Ce murmure Il est chaud Il se diffuse Furtivement Ce murmure Illustre souffle Évanescent Remonte descend Ce murmure Pénétrant Dans l'embrasure des courbes Il est direct et franc Ce murmure Transporte La chaleur des Abruzzes Il est Effleurement Ce murmure Aimant Ardent Il est caressant Ce murmure Il se propage Dans tous les…

Voici le mois de mai Aglaglagla Aglaglaé Voici le mois de mai... Samira, belle Pisane, s'en allait promener dans la lambrusque matinale À la recherche de son secret : la cueillette printanière des fleurs d'astragale La belle était vêtue pour l'occasion de frusques dominicales Curieusement en cette saison Samira cancanait autant qu'elle grelotait Pieds et…

Pensée matinale (II)

Il y a de ces matins Où je me sens confuse Dans un silence dissous Sans reprendre mon souffle Je respire et pourtant Je ne respire plus Les étoiles de tes yeux S'étiolent et se diffusent Dans mon corps absous Tout entier Ce matin encore Je me pâme en pensées Je sens alors ma muse…

Dans cinquante mètres, nous arriverons à la place. Dans cinquante mètres, nous nous attarderons sur cette place. Nous continuerons de parler, pour ne pas briser l'échange. Parce que je veux encore t'écouter. Parce que tu veux encore me répondre. Parce qu'on ne veut pas se quitter. Parce qu'on veut encore s'aimer un peu, un peu…

Cher F., Courte lettre muette. La plus succincte, peut-être. Je me souviens quand sur les bancs nos baisers murissaient à l'ombre des passants sous le regard un peu voyeur surtout jaloux des arbres en fleurs. Cette floraison était pour nous. Elle existait, elle, pour le coup, en toutes saisons. Notre amour survolait le temps, surpassait…

- j'ai le vertige - je sais, depuis toujours. - alors pourquoi tu veux m'emmener là-haut ? - parce que notre histoire vaut le détour. - la terre ne te suffit pas ? - non. Toi et moi, c'est la terre ET le ciel. C'est comme ça. - tu me tiendras dans tes bras ?…

Et c'est là que mon cœur saigne Exactement là où tu me l'as pris En l'an de grâce incognito Dans cette vaste librairie Où trône ce grand piano Sur lequel s'est jouée L'histoire d'un fiasco Sorte de maladie sibylline Cœurs décomposés en morceaux Sans jamais former ce duo Et c'est là que mon cœur saigne…

Au printemps carillonne le silence de la Nature sacrée Au printemps résonne l'écho de Notre fragilité Au printemps ne dis mot. Religieusement, f.

Sensiblerie endimanchée

Sensiblerie : 1) "Sensibilité outrée et fausse; compassion ridicule et déplacée", sens péjoratif 2) évocation teintée d'humeur romanesque, propos romantique issu d'une rêverie poétique (acception inventée par laplumefragile) Contextualisation : Aujourd'hui j'ai fait une vraie promenade dans le vent; sans sensiblerie pseudo-romantique mais avec un romantisme authentique je peux dire qu'avancer dans les bras d'un…

À Thierry, À nos étreintes. À la kundalini Dans une lumière accueillante Filant le long des bassins ondoyant Se croisent des regards opalescents Expression des corps volubiles L'écho des souffles se réverbérant Se confondent les effluves volatiles En pâmoison les êtres s'abandonnent Les langues se pâment se déliant Ventres aimantés se répondant S'adonnent pleinement conscients…

Dans un espace introuvable, je t'ai trouvé ! Reste avec moi... un peu, rien qu'un peu. S'il te plaît. J'ai le temps. Ce temps n'est plus aux autres. Il n'est même plus à moi. Car ce temps m'accapare. J'ai du temps. Tant qu'il sera une denrée rare, je n'en donnerai plus aux autres. Le temps…

Me cherches-tu encore ? Dans les replis de l'aurore À l'aube d'un recommencement Dépoussiérons l'écrin où se calfeutrent nos sentiments Me cherches-tu encore ? Quand tu marches quand tu dors Enfouis dans tes souvenirs d'enfant Où sont allés se perdre nos cœurs adolescents ? Me cherches-tu encore ? Je sèmerai cailloux et poussière d'or Qu'un…

La plume et le pieu

Un tel titre annoncerait déjà l'issue d'une histoire. Vaut-elle la peine d'être racontée ? Écrivez ce que vous avez à dire, écrivait l'écrivaine qui évoqua dans une même phrase cette plume et ce pieu. Une plume, c'est si doux, si volatile, si joli. Qui aurait cru que la plume pouvait être une arme, une arme…

Cher F., J'achève presque mon quatrième carnet. C'est une belle progression. Je suis allée chez le typographe l'autre jour, histoire de me faire envie à ne regarder que ces beaux outils que sont les encres, les plumes et le papier. C'est à toi que je dois cet émerveillement. Même si... même si nous savons que…

La caverne d’Éros

Dans l'anfractuosité de ton amour Frissonnante je pénètre Frôlant ses aspérités ses contours Pour atteindre ton être Une existence enfouie depuis toujours Qu'on ne peut révéler faire paraître Mémorable vestige à l'abri des vautours Je cherche à t'approcher objet tant convoité Chaque pas dans cette dense obscurité Je te devine instinctivement Sans craindre l'ombre obscène…

C'est mardi Je t'attends transie De froid par le vent De faim par le ventre D'envie et d'ennui C'est mardi Le jour où j'écris D'une main tremblante D'un cœur indigent Des pages ternies C'est mardi D'une plume vert-de-gris Je retrace le temps Je chasse un amant Déserteur enorgueilli C'est mardi Dessinant l'amour fini Sur un…

J'aime dépeindre ton visage Poétique J'aime rendre ton image Biblique Mon imagination devient Prolifique Tu es... Magnifique Mais je te quitte. J'erre en vain dans un espace Chaotique Je cherche j'évite tes yeux bleus Électriques J'endure tout le jour ces secousses Sismiques Je compte en silence nos étreintes Orgasmiques J'ai le vague à l'âme Tantrique…

Le goûter

Comme deux écoliers Nous sommes allés au musée Celui-ci était fermé Nous avons donc profité D'une table pour pique-niquer Échanger notre goûter Deux tranches d'un tendre marbré Goûteux à souhait et bien dessiné Nous en avons savouré Les dernières miettes léchées Partageant un doux baiser Au parfum vanille cacaotée Comme deux écoliers f. crédit photo…

Au bout de mes lèvres

De mes lèvres à tes doigts Il n'y a qu'un rêve De dormir toi contre moi Une nuit sans trêve Du bout de mes lèvres Je songe à ta bouche Fine suave et rebelle À nos confiseries Partagées la nuit Des yeux à ta bouche Sucrée comme le miel Au bout de mes lèvres Savoure-moi…

croquis nu couché de Egon Schiele, 1918

Silencieuse, j'ai déposé les coussins je me trouvai dénudée comme un fil sans fin esseulée je me suis à moitié allongée j'ai saisi mon sein entrouvert mes jambes et bougé le bras. Silencieuse, j'ai alors chuchoté tout bas comme dans notre dernier entretien... Licencieuse, j'ai posé mes mains dans le bas rein j'ai jalonné ce…

Mon Amour, Dans leur incrédule persistance ces mots ont-ils encore leur pertinence ? Bien sûr. En tout cas, ils ont encore leur place dans ces lettres que j'écris encore avec beaucoup d'amour, beaucoup, beaucoup d'attention (et d'attention morte) à ton égard. Car je t'aime toujours. Le sais-tu ? Là où tu es désormais, fais-tu le…

Cher F., Cela m'avait manqué de me retrouver enfin seule (avec toi). Il faut dire que ces derniers jours n'ont pas été très calmes et les autres n'ont pas été très tendres avec nous. Je me sentais à bout. À bout de force. Au bout du bout. Je me suis littéralement endormie sur quelques lignes…

Je voudrais que tu m'écrives un mot. Peu importe le temps. Juste quand il le faut. Qu'importe ton humeur maussade. Je voudrais que tu m'écrives un mot. Pour que l'amour ne tombe jamais à l'eau. Je voudrais que tu sois comme cet homme. Qui se lève impavide même encor endormi. Pour aller déposer sa pierre…

Je veux te regarder Contempler ce rosier Ton écorce élancée T'admirer Me mirer Dans tes couleurs pourprées Je voudrais t'effleurer Caresser tes pétales satinés Qui vers le ciel veulent s'étirer Je voudrais te sentir M'approcher Humer ta peau cendrée Me laisser envoûter Par ce parfum musqué Je voudrais te cueillir Sans t'abîmer Te porter à…

CIEL BLANC (calligramme)

Page blanche Laisser vierge Colorer Rédiger Laisser pleine Immaculée Préserver Inventer Un horizon Imaginer Autre chose Un autre monde Combler Rencontrer Bouger les lignes Les écrire Dans un ciel nu Sans nuage L'inattendu T'attend Dans un ciel blanc Écris cette page f.

Cher F., Où dors-tu ce soir ? Il y a une panne d'électricité dans notre quartier. Je n'aime pas travailler dans le noir, mais j'aime lire lampe de poche allumée. J'essaye de suivre, une ligne après l'autre. Et je vois du coin de l’œil dissipé par les mouvements oscillants de la lampe posée sur mon…

Chers lecteurs (merci)

Chers lecteurs, Chers abonnés, Cher ami de passage, Aujourd'hui, laplumefragile a un an ! Oui, c'est un site très jeune, et je dois dire qu'à sa genèse, je n'y croyais pas trop. Je savais seulement mon besoin pressant et hurlant d'écrire. Pour le reste, aurais-je le courage, la volonté, la motivation d'écrire (régulièrement) ? Est-ce…

Nos souvenirs traversent des époques Et s'égarent sous nos chaudes redingotes Bien à l'abri du vent de la révolte Ils trouvent parfois refuge sous les feuilles mortes Nos regards équivoques se perdent dans la brume Scintillante et inondant le lac d'écumes Sous les yeux des passants qui éblouis contemplent Ces feuilles tout juste roussies depuis…

« J'ai lu tout Queneau » Ben mon vieux, quel culot ! t'es pas couillu, toi, j'aurais pu pensé quand il m'a sorti ça d'une traite. Mais non. J'avais pris cette affirmation à la légère en présumant que cela pouvait être vrai, sincère. Un homme comme lui, ça pouvait l'faire. Il en était bien capable…

la plume étanche

Billet un peu particulier. Expression brute. Sévère. Aride. La plume n'a pas voulu du papier. Le papier s'est refusé à la plume. Encre trop sèche, trop froide ? Le divorce n'est pas loin. La rage l'emporte : déchirure. Feuille noircie de ratures, d'une écriture saccadée, de caractères chinois qui n'ont pas réussi à raviver la…

Jardin secret

Egon Schiele, Umarmung liebespaar, peinture

Depuis combien de temps Trump n'a-t-il pas mis les pieds dans un jardin ? Depuis combien de temps n'a-t-il pas respiré le parfum d'un bouquet de fleurs ? Et si le dégel du permafrost pouvait être en majeure partie à l'origine du changement climatique que nous vivons ? Nos enfants nous en voudront-ils ? Et…

Cher F., J'en reviens à mes premières amours, mes lettres. Les seules qui parviennent à me canaliser. Hier, impossible d'écrire, mais aujourd'hui le temps s'y prête. La tempête est proche. Il a plu toute la matinée et la pluie n'a toujours pas cessé. Le vent s'est levé et les arbres commencent à tanguer. Les feuilles…

L’odeur du pain grillé

Reprenons à son sujet : petits seins, cul ferme, cuisses un peu fortes (nage), jambes rondes, très bonne branleuse (la main glisse, les jambes se replient, la tête va de droite à gauche sur les oreillers), excellente toucheuse (finesse des doigts, on oublie toujours que l'italien toccare a donné toccata). Pas de confusion, si fréquente,…

La coureuse

Lettre aux coureurs et aux lecteurs de Cécile Coulon Ce banc me nargue. Se faire narguer par un banc, c'est tout de même un peu fort. Au prochain tour, je l'ignore. Ah ! mais il est si beau dans cette lumière. À cheval, entre l'ombre des feuillages et le soleil. Dire que je pourrais me…

Le Cercle littéraire de Guernesey

Je ne sais pas si je trouverais les mots justes pour cette critique. Je dirais simplement que le film était beau. Les scènes, les décors, les personnages (clichés à souhait), l'histoire dans l'Histoire, le tout formait un cadre bien homogène, agréable et attendrissant. Mais, spectateurs abhorrant les romances presque indolores et les scénarios cousus de…

La fille aux yeux gris

Je regardai au loin et repérai une place libre. Je filai m'asseoir sans me presser car personne ne semblait vouloir s'y asseoir. Pourtant, ce n'était pas le monde qui manquait. Ce siège était une aubaine. Mon sac pesait. Je m'assis. Je posai alors un court instant mon regard instinctivement sur la personne à qui je…

éventails, NANJING, CHINE

Les souvenirs, c'est comme une collection de beaux éventails...

Je ne sais plus depuis combien de temps il m'arrive de faire ces insomnies, ces insomnies semi productives où l'activité d'écriture se met en branle. Mais jusqu'à présent, je n'ai jamais eu le courage d'un certain M. Proust...

Enfin rentrés. La pesanteur nous tombe dessus comme un coup de massue. Il faut rester éveillés jusqu'à ce soir, même si nous avons très peu et trop mal dormi durant ce vol de nuit. Le décalage horaire va encore me coûter quelques jours, mais sans doute moins qu'à l'allée. L. est excitée comme une puce.…

Il règne un calme étonnant dans l'appartement. R. a ses écouteurs. L. mon casque sur les oreilles. Moi j'ai levé le nez de mon bouquin et j'écoute la cloche de l'église, qui sonne 18h je crois, le vent qui traverse la pièce en long et en large (je te parlais des courants d'air...) et le…

Ça y est. Extinction de voix au réveil. Gorgées de thym et de citron. Chaleur accablante. Ressenti entre 40 et 45 degrés. Repos ? Pas tout à fait. Il faut sillonner la ville. Avons beaucoup marché. Première belle chute sur le béton armé québécois. Sublimes égratignures. Pas mécontente d'avoir pris la trottinette dans la valise.…

Jamais deux sans trois. En fait besoin d'aucun prétexte pour t'écrire mais tu le diras si j'exagère. Pas vu de jolie bibite ces derniers temps. Hier j'avais des envies. Envie de te plaire. Passé toute la journée en culotte dans l'appartement. Me suis mise à danser. Terrasse. Appartement. Terrasse. Bu un café. Cafetière à l'italienne.…

De tes nouvelles. De l'oxygène amoureux. Grosse fatigue aussi. Crois-tu que nos états soient parallèles ? Mal de gorge. Dans les courants d'air jour et nuit. Quelque chose d'étouffant dans l'air. Et l'affreux air conditionné sévit dès que nous prenons les transports. Bus-métro-métro-bus. Les distances sont trop longues, même au cœur de la ville. État…

Difficile d'écrire. Pas de circonstances propices. Une heure seule et une seule heure pour te donner des nouvelles me doucher et faire à manger. Pas le temps de penser à toi pourtant tu occupes tout le temps mes pensées. Le fil de ces pensées ressemble à un train qui file et ne s'arrête pas. Bel…

AIR

Hommage à Zao. Toute ma vie, j'ai essayé de peindre les nuages. Un pinceau transpose l'écume du ciel. Pêle-mêle. Des nuages en osmose La mer inversée Les pieds qui tombent dans les vapeurs transpercées par un cheval de Troie, une licorne esquintée, un éléphant déjà évaporé, oh ! un cœur déformé, bouillon de culture des…