• Urgence sémantique

    pxl_20260113_100259998274886613157725154

    tu sais je pressens
    que nous manquerons
    bientôt d’air
    par le feu ou par l’eau
    aussi
    tant qu’il me reste
    de l’oxygène
    tant que j’ai le sang
    pourvu de poussières
    en constellation
    je veux user du verbe
    en le tenant ferme
    l’user jusqu’à la corde
    avec laquelle
    je pourrais m’étrangler
    avant de suffoquer
    ne plus être irriguée
    de plasma d’hydrogène
    avant la traversée
    du désert de mots
    je veux user ce verbe
    éclatant lumineux
    pour te dire tout

    ce que je t’aime.

    f.

  • L’équilibriste

    pxl_20260111_1013074334009714530265094437
  • L’empreinte

  • Carnage

    pxl_20251222_100040084~34907810735491489173.

    les coquillages ont disparu
    la terre est nue
    brûlant doucement
    sous les rayons de lune

    le rivage lui crie
    par le médium
    d’une forêt ventriloque
    le rivage la prie
    de se retourner
    une dernière fois

    le littoral pleure
    ses larmes se pétrifient
    no man’s land
    la dernière étincelle
    s’est enfuit à la nage.

  • Leakhit Lick it Like it

    pxl_20251126_135208492~2877410014459501319.

    Frénétiquement
    j’aimerais porter à ta bouche
    le goût du monde
    tel que je le consomme
    tel que je le danse
    pour que tu frissonnes
    au seul contact de nos sens
    fins becs à savant mélange
    qui s’écoule dans ma gorge
    jusque dans les hanches
    pour que tu grignotes
    bout par bout
    ces morceaux de vie
    qui se déroulent entre nous
    souples et tendus
    en contorsion frémissant
    distanciés ténus
    invisibles par une corde de sensations
    fortes, intangibles, évanescentes

    pour que tu ressentes
    où que nous soyons
    ma voyageuse présence.

    f.

  • Lux.

    Laplumefragile 11/2025_midnight to six. Lux.

    D’une percée candide le jour raconte l’histoire

    Un baiser déposé sur des lèvres en brumes

    Sous des yeux clos encore j’ai senti ta clarté

    L’ayant serrée au corps dans mes bras retranchée

    Célébration de l’astre votif déclamant sa victoire

    Le sommeil tardif lentement dispersé

    L’étreinte de la nuit vierge de son heure de gloire

    French kiss ensoleillé à travers la lucarne piège à rayons de lune

    Parés pour un dernier voyage déversant au passage

    De l’ambre huilant la Brune diluée

    dans une bouche humide et sage.

    f.

  • Grammes d’utopie

    Je ne pense qu’aux télégrammes de l’utopie

    aux fulgurances
    dont tu es le créateur

    à ce qui fait sens ici
    là-bas
    nulle part ailleurs

    Je ne pense qu’aux papyrus déchiffrables, à des galeries de nymphes et d’éphèbes en peau de marbre, au règne animal, à la panthère-renarde libre et libérée qui va et vient au jardin, à la Reine Biliqis parfois appelée Bilitis en secret, en transit, dans son bain d’ânesse ou dans un Orient-Express en tenue ornementale,
    Je ne pense qu’à la crème de la crème du transport phéroménal,
    Je ne pense qu’aux détracteurs de passage, aux ténèbres apprivoisées, à ce qui n’est pas mais qui est

    Je pense à toi qui rêves dans un monde inachevé

    Il est inachevé car il est fait
    pour la rencontre du Tout
    où tout ne fait que passer

    Ce Tout qui sonne bel et bien l’heure des charmes dans ces télégrammes

    Grammes d’utopie auxquels je ne fais que penser.

    f.

  • La source

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    Pourquoi la source
    devrait-elle se tarir

    si ce si grand hasard
    a donné les fruits qu’il voulait

    et puisqu’il nous a dotés
    de l’or, du satin, de l’ivoire

    sans rien chasser
    sans même piller braves et contrées

    Abondera ce que le ciel
    aura la bonté de nous accorder

    regarde cette fleur tant qu’elle
    n’est pas cueillie sans eau n’est pas fanée

    et l’azur dans la mer depuis l’Antiquité
    jamais ne cesse de ruisseler

    écoute, la source s’écoule sous des terres
    qui n’ont pas d’âge ; peu ont la chance de la croiser

    écoute, son bruit c’est l’éclat du trésor
    qui bat comme le cœur d’un nouveau-né

    nous avons tout le temps d’y boire
    mais pourrons-nous seulement la préserver ?

    f.

  • Naissance d’un hippocampe

    Voici Kokoro. « Cœur » en japonais. Kokoro est un hippo-corne réalisé à l’hippoc-encre.

  • Boire le feu (II)

    f.

  • Hors saison

    f.

  • Si magie né un sourire

    Vous qui vous imaginez
    ce latent sourire
    Imaginez-moi vous embrasser
    Tendue sur la pointe des pieds
    Tout juste rep-osés
    Et recommencer.
    Vous qui vous imaginez
    Ce charmant sourire
    Les lèvres appuyées
    Je vous prends la main
    Les mets sur les hanches
    Comme les hommes le font aux dames
    Au bal du dimanche
    *
    Si la magie prend
    Dans un jour de chance
    Entrez dans la danse du baiser
    Danse commune danse
    Sur ces lèvres exquises
    Entreprenantes esquissées.

    f.
  • Exorde

    Enserre-moi
    d'un seul doigt
    lactescent
    sur mes lèvres
    mon printemps
    se soulève
    jeune fièvre
    Émanations
    des idées en-soi
    qui brûlent au
    cerveau rutilant
    Évocation
    murmurée à
    la gorge en rut
    qui tremble au
    mystère frémissant
    exorde à

    l'Exaltation.

    f.
  • Désir grimpant

    M'imprégner de toi
    Avec si grande facilité
    À l'allure d'un désir grimpant
    Comme si les cimes
    Touchaient déjà le ciel
    Pour n'avoir qu'un tronc commun
    Sans s'en rendre compte
    Comme si les arbres
    Poussaient à folles enjambées
    Sans demander leur reste
    Comme si l'automne
    Avait déjà rejoint l'été
    Sans que s'écoule l'année
    Qui nous aura vu naître.

    f.
  • Vision

    Cette vision dans tes yeux
    l'éclat
    que du feu
    pas d'amour
    que du feu
    et tout qui brûle autour

    Cette vision dans tes yeux
    un lac
    silencieux
    de la douceur
    et le calme qui envoûte

    Cette vision dans tes yeux
    incarnation
    de l'étant
    de la joie authentique
    et l'être qui exulte

    et dire que le jeu du désir
    n'est qu'une contrefaçon
    orchestrée pour le sentiment
    d'avoir (été) aimé
    pour mourir en paix.

    f.
  • Prière du phare (XII)


    Il fallait que je parte
    tout laisser
    pour que l’abandon règne

    désolation, reine des Détresses
    ce jour, il n’y a rien eu de plus beau
    que la détresse trempée de larmes
    que l’écho mort spectral

    se sentir esseulé en plein jour
    alors qu’il existait ce qu’il fallait
    ce qu’il fallait pour tout contrer

    ce jour, il n’y a rien eu de plus beau
    que la détresse trempée de larmes
    que le sauvetage sans l’escompter
    à l’image d’une mythique dame du Lac

    car sans trop espérer
    sans espérer rien même
    rien du tout
    une toute petite incantation secrète,
    tout au plus
    pas une barque, pas un tronc, pas une rame
    pas même un bout de terre, pas un reflet

    et sans y croire
    tu es arrivé.

    f.

  • A minima

    f.

  • Baiser endogène

    f.

  • L’heure magique

    L’heure magique
    que l’on emprunte sur la petite route
    n’a presque pas de voix

    L’entendre comme nous l’entendions
    c’étaient nos diapasons à l’affût d’un accord
    improvisé sur des cordes inconnues alors

    Comment se sont-elles entretenues, comprises
    jusqu’à ternir les bas-côtés jonchés de nos plumes dégarnies
    empreinte décharnée de nos étreintes compromises

    puisque l’heure magique naît puis n’est plus
    puisque l’heure magique ne vibrait que pour nous.

    f.

  • Sending butterfly

    Low battery
    Used my last bar of energy
    Sending what the sand texted me
    My latest gift gifted with wings
    Maybe the best of me
    Given from the generous wind
    Caught up a special butterfly
    Who spelt out your name
    As if crying for me
    So as to not forget
    Secrets we share
    Everywhere
    Ashore and even more
    when dawn is laying down the sea
    I’ll see you when the butterfly sees me.

    f.

  • Darwin

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    Au mitan d’un pont
    à fleur de peau
    courir l’asphalte
    croire à l’impasse
    affleurer ton nom
    réduit à l’étendue
    bitume présence
    ombre prétendue
    protégée des champs
    prise dans des barbelés
    qui m’ont épargnée
    car trop humaine
    ni vautour ni ovidé
    ni truand ni condamné
    n’être qu’un simple visage
    ange en pleine nature
    n’être qu’un seul mur
    sans tag ni rature
    ni peinture ni fioriture
    mur qui cache la forêt
    forêt éviscérée
    de toutes les peines incarnées
    si tu m’avais vue
    le corps sur la sellette
    la mort trop sélective
    m’aurais-tu pleurée ?
    tronc commun des mortels
    alors se perdre hors, hors !
    se perdre au loin
    or cet au loin est si proche
    de ce que j’ai perdu.

    f.

  • Les femmes de lettres sont des baiseuses

    Pensée pour un coït.

    f.

  • Prière du phare (IX)

    Tu as pris
    les plus beaux mots sur mes lèvres
    et depuis
    tu n’as plus jamais prononcé mon nom

    Ni une, ni deux, ni trois fois
    jamais plus tu ne l’as dit
    j’ai voulu l’oublier aussi

    Tout ce qui m’appartenait
    t’a été offert
    est-ce la chair qu’on nomme pain béni ?

    Te céder tout ce qui m’est cher
    le prix de la disparition
    s’appelle volupté.

    f.

  • On strike

    Signé
    une travailleuse du texte anonyme

    f.

  • Ève

    f.

  • Charme saisonnier

    Tes yeux ont fabriqué ma lumière
    je ne suis qu’un insecte
    qui n’a l’allure ni d’une mouche
    ni d’une guêpe

    et mes ailes se consument éternellement

    Ton piège a l’odeur du buddleia en transe
    imite le lilas et le jeunet
    et de la cardamome brûlée
    continue de flamber tes lèvres.

    f.

  • Visions d’A’dam

    Peintures (Rijks Museum) :
    (c.1889), Paul Joseph Constantin Gabriël – A Windmill on a Polder Waterway, known as « In the month of July »/Een molen aan een poldervaart, bekend als ‘In de maand juli’

    (1898), George Hendrik Breitner – gros plan sur la « lady » marchant sur le Singel Bridge at the Paleisstraat in Amsterdam / De Singelbrug bij de Paleisstraat te Amsterdam

    Sculpture (Rijks Museum) :
    (1867) Frans Stracké, La Belle au bois dormant

  • Ardent lointain

    désir étreint
    je t'ai dans les yeux
    ardent lointain

    serrer tes mots
    les nourrir au feu
    jamais éteint

    parcourir à blanc
    tes contours ciselés
    sépia noir étain

    deviner ta présence
    chaînon manquant
    loi du divin

    et m'accrocher
    à des spasmes d'éternité
    dans l'absence de nos vies
    abonnées au chagrin.

    f.




  • Faveur torride

    raconte-moi des rires
    tes rires à toi
    tes rires qui sonnent
    résonnent en moi
    des cymbales des cloches
    des sabots des pioches
    tes rires s’entrechoquent
    dans mon espace tantrique
    comme du foutre phonique
    sonore étymologique
    tes rires m’emmènent
    dans une forêt vierge
    voyage admirable
    survol de troncs sauvages
    à perte de vue
    vol en tension phallique
    laisse-moi rire encore
    encore-encore-encore
    en écho à tes rires
    qui coulent dégringolent
    s’étreignent en cascade
    et boire à la source
    d’un vit féerique.

    f.

  • Clairvoyance

    f.

  • L’impression d’une lutte

    SPLEEN (I)

    L'impression d'une lutte sans relâche
    d'un corps trop lourd qui lâche
    marées, vents et moulins
    ces forces qui ballotent
    de la nature du quotidien
    le corps présent qui sombre
    sans s'éteindre se gâte
    écrasé sous le joug
    d'un jour plus noir que sombre
    d'une lumière accablante
    provenant d'outre-tombe
    l'impression d'une lutte
    sans savoir d'où elle vient
    marées, vents incertains
    le corps à l'abandon
    du rôle de l'instinct
    plongée dans le néant
    le ciel encore se teint
    s'affaisse et le retient
    un instant au dessus du gouffre

    la vie se confronte à la fin.

    SPLEEN (II)

    L'impression d'une lutte
    l'inertie atone ne tremble
    le corps s'absente et chute
    avec pour seul filet ton bras
    ton bras qui dort enfin sur moi
    sur toi je sombre vide
    à la lumière des rideaux froids
    le chaud m'envahissant s'éteint
    l'impression d'une lutte
    qui ne s'acharnera pas
    énergie molle livide
    qui laisse un goût de rien
    débâcle sans débat
    le ciel changeant est vain
    sans savoir pourquoi

    la vie touche à sa fin.

    f.

  • Ne viens-tu pas ce soir ?

    Ne viens-tu pas ce soir
    après le zéphir et l'ennui
    t'émouvoir dans ma chair
    après le labeur et la pluie
    sans toi mon lit se serre
    le jeûne est bien fini
    dans cette jeune nuit
    si tout t'était permis
    les gestes les galanteries
    Viens l'ami je t'accueille
    je cherche en vain cet œil
    qui flattera mon regard
    la rose fraîchement se cueille
    Ne viens-tu pas ce soir
    effeuiller mon envie
    mon logis brûle seul
    D'écueils ou bien d'espoir
    Frémissant dans le noir
    nous triompherons ainsi
    Ne viens-tu pas ce soir
    me tenir compagnie ?

    f.
  • Disque rayé

    Tu n’es plus qu’un rêve
    trop facile à penser
    un soupir évanoui
    la lune toujours elle
    chante juste pour elle-même
    qu’on ne s’étonne à peine
    que tu m’as oubliée
    petite plaie infectée
    pas facile à panser
    car tu n’es plus qu’un rêve
    sur un disque rayé
    c’est ta voix qui patine
    dans mon cœur fatigué
    se brisant au je t’aime
    coupé jamais craché
    l’oreiller même lui
    n’est plus oreille fidèle
    à l’écoute il me fuit
    las de m’entendre pleurer
    je n’ai jamais compris
    que tu ne reviendrais
    chimère d’une vie
    jamais n’a existé.

    f.

  • Forces vives

    Rencontres d’encres entre couches, strates de l’existence. Bruits de mer sous la pierre. Sel de la terre. Kilomètres stratosphériques. Embrasure sismique. Érosions poétiques. Embrasement terrestre. Forces vives.
  • Retour à la raison

    Etude comparative des corps comparaison n’est pas raison
    des stries qui épousent des formes des formes déforment les stries
    sensations sensations sensations sensations sensations
    comprendre ou ne pas comprendre des émotions ultérieures
    le cadrage a ses raisons l’œil ses déformations
    immersions plongée plongée contre-plongée immersion
    étrangeté familière danse de l’étrange d’une ressemblance qui déraisonne
    signification créature corps en illusions
    oeuvre-pulsion oeuvre-création oeuvre-révélation
    oeuvre à l’épreuve du temps
    surjouer interpréter faire impression surimpression
    tracer défier conjugaison détournement
    révéler le pouvoir des ombres et de la lumière en noir et blanc
    talent de l’art l’art d’aimer le corps
    se regarder à l’extérieur de soi
    corps-objet corps-secret corps-présence
    repousser les limites du Moi surmoi en balance
    turbulences manipulations transcendance.

    f.
    Source : Le retour à la raison (vidéo) et tirage argentique (ci-dessous)

  • Doux Chaos

    Mon doux chaos
    Mon souffle
    Destruction
    De l'ennui
    Impertinence cruciale
    Otage extravagant
    Regards d'exubérance
    Oiseau de nuit
    Sur la brèche
    De mon existence
    Blessures anéanties
    Déchirure de morale
    Bouche-trou
    Suave
    Confins de l'érotomanie
    Mains de velours
    Gémissements
    D'incendie
    Petite mort
    En lettres capitales
    Opium du corps
    Et de l'esprit
    Frugalité vocale
    Rage d'envie
    Poignard exquis
    Loi des
    Nécessités bestiales
    Mon doux chaos
    Souffle de vie

    Ou jouir
    Sans état d'âme.

    f.
  • Oh, baby!

    Oh, baby! I’m sorry
    mon corps t’appelle
    il me réveille
    me laisse sans trêve
    dans la nuit caverneuse
    si je ferme les yeux
    c’est pour te voir
    cavalier ténébreux
    venir à bout
    de brimades divines
    châtiment corporel
    d’une âme…
    affamée… belliqueuse

    Oh, Baby! My Baby
    j’ai le lit chahuté
    les jambes qui ont tremblé
    torture tectonique  
    si tu pouvais te rapprocher
    disons que je t’invite…
    Come on, come in
    En ce palais volcanique
    mon prince d’honneur
    tu serais, j’aimerais
    te sentir, me laisser aller
    pleurer tout ce qui brûle
    de belles larmes sismiques

    Oh, Baby! My Baby
    tout ce feu…
    il n’y a plus d’heure tranquille
    c’est qu’il faut s’en aller
    ou fuir ou bien rester
    alors reste, je t’en prie
    au devant, au chevet
    de ce corps famélique 
    comprends…
    qu’il faut le sustenter
    que de tous ces baisers
    devenus fous ébats rêvés
    m’ont rendu boulimique

    Oh ! Baby, I’m sorry
    de cueillir ton nombril
    bourgeon sensuel et sensible
    d’apposer ma bouche vaniteuse
    sur tes paupières viriles
    referme mes yeux damnés
    je ne suis que fille servile
    gourmande et réprimée
    pardonne cette verve
    lubrique lubricité
    imbibée langoureuse
    pardonne mes vers trop versés
    et ce chant pathétique.

    Oh, Baby! My Baby
    Sous le joug d’Aphrodite
    je ne suis que Tantale
    tes yeux sont comme l’opale
    je m’y perds comme Narcisse
    entraînée dans ta lave
    je tombe dans le vice
    je veux boire à ta source
    comme on boit au calice
    ma prière est infâme
    car elle est orgasmique
    rends-moi cette nuit la grâce
    exauce ce supplice.

    f.

  • La petite épaule (en vers)

    J'esquisse ce poème 
    Comme je voudrais le dessiner
    Tracer à main levée
    La mine précisément taillée
    Ces fines courbes de chair
    Des contours carnés
    Découvrir cet objet
    Toute la journée caché
    Tapi sous un tissu de vair
    Pantoufle réincarnée
    Abritant ce mystère
    Que tes yeux nus et clairs
    Cherchent en vain de percer.

    Cette petite épaule
    Petit être incarné
    À l'échelle qui est mienne
    J'aime quand tu la baises
    Ou mordue à la dérobée
    Quand tu l'effleures à peine
    Ce geste tendrement déposé
    Promesse déjà pleine
    D'une grande échappée
    Conte revisité
    Et quand tu l'as trouvée
    Cette petite épaule
    Aux prises avec la volupté
    Tout juste à découvert
    Des lèvres ou d'un doigté
    Le désir accroche l'envie
    Celle de me laisser faire
    Rester à ta merci
    Conquérant de ma chair
    Conquête dont je suis
    L'heureuse prisonnière.

    f.

  • Au loin une lueur

    poésie en duo – avec João (alias Jim)

    j./f.

  • L’ Amazone

    Je rêve de ton impertinence
    de l’imprévisible hauteur
    de ton corps en balance
    d’une chevauchée imaginaire
    dans un orage fou
    un jour sans grande défense
    Je rêve dans cette danse
    curieuse et indomptée
    d’y voir mes ailes pousser
    menée par l’Ivresse messagère
    laisser traîner ma langue
    langoureuse guerrière
    autour de ton cou redouté
    Je rêve d’y laisser
    un goût d’exubérance
    Et d’une meurtrière
    tirer une flèche passionnée
    celle que l’on nomme Errance
    jusqu’à la prochaine épopée.

    f.

  • Ardeur

  • Tant qu’il y a de la lumière

  • La promesse

    Pourquoi les jours s’arrêtent
    les nuits n’existent pas

    je voudrais que repose ta tête
    gentille sur mon sexe
    qu’elle s’incline je la berce
    et qu’elle dise sans cesse
    ma beauté ma jeunesse
    retrouvée vive et bête
    et que tu me promettes
    le manque le goût la joie

    même si les jours s’arrêtent
    même si les nuits n’existent pas.

    f.


  • Gésir

    Maintenant je gis
    et toi tu brûles quelque part

    lit taciturne
    regard de neige

    les draps sont froids
    lèvres pâlies

    Maintenant je gis
    et toi tu brûles quelque part
    and Nothing matters.

    f.

  • Poésie impressionniste

  • Drôles d’impressions

    Ma Chère,

    Je viens de terminer Trois nuits dans la vie de Berthe Morisot. Un livre commandé expressément, et qu’il n’a pas été facile d’acheminer jusque dans mes rayons. C’est le problème de l’administration…

    Étonnante, l’écriture de Mika Biermann. Après un coup d’œil rapide à sa bio, on sent bien l’artiste derrière le récit (« Un verre d’eau rencontre un rayon de soleil. Sur le bois gras tremblent des reflets. Une pomme verte attend le verdict.« ). Il remplit son contrat de faire des mots des touches de couleur, qui ne sont plus simplement des touches, mais un véritable tableau, en l’occurrence ici, celui de Berthe Morisot. Si je t’en parle, c’est parce que tu l’aimes autant que moi, et parce que l’artiste, c’est toi. C’est toi qui me parles de tes pinceaux, autant que de tes pensées, de tes encres, autant que de tes maux.

    Ces Trois nuits filent, défilent, comme les paysages quand on peut les apercevoir en voyage. Mika nous emmène à la campagne. La quatrième est gentillette, même si l’on nous suggère d’emblée des « méditations corrosives sur la chair« . Sans se douter de rien, ni rien appréhender de particulier, le récit tient la promesse de son résumé. Le lecteur se retrouve confronté à des scènes inattendues, d’une violence et d’une beauté surprenantes, beauté sommaire, exécutive, exprimée dans les gestes dépeints-décrits par l’auteur-artiste. Nous plongeons dans l’intimité crue du couple Manet-Morisot. « Dans la chambre, tout est calme« , jusqu’à ce que Berthe décide de mettre son mari à poil, littéralement, une mise à nu physique, presque viscérale. Et nous ne sommes pas sur une petite route de campagne calme et tranquille. Prêtre et villageois, artistes parisiens bourgeois en vacances, tous ont leur côté obscur, très tôt mis en lumière, sans ambages, sans fioritures (« personne ne vient se confesser dans ce pays ! C’est un canton de sauvages !« ). Même les autres impressionnistes cités et les personnages de mythologie qui surgissent dans l’ouvrage ne sont pas décrits sous leur plus beau jour (« Eros regretta sa réaction violente« ; « David et sa clique ont guillotiné la légèreté« ; Courbet est un « père Fouettard« ). Les animaux aussi en prennent pour leur grade (« les chevaux sont maladroits« ; les cochons sont « pire que des bovins« ) ! Bref. Les hommes ne sont que des bêtes : « Nous sommes des bêtes magnifiques », s’exclamera Berthe. Surtout pendant l’acte. Des monstres, même ! lorsque Mika nous dessine une partouse à trois têtes (« la bête à trois dos, trois bouches, trois sexes, à six yeux, six mains, six oreilles, à douze pattes, à soixante-douze côtes… ») ! Mika aime la mythologie. On le sent très bien lorsqu’il consacre un chapitre à Éros et Psyché. Ça tombe bien. Notre Berthe aime à se comparer à Psyché. On peut dire que Mika et Berthe se sont bien trouvés. La mythologie est un beau prétexte pour nous parler de peintures et de toutes ces œuvres d’art immortalisées dans nos musées.

    Berthe voudrait bien peindre une toile avec Eugène dans le rôle d’Éros, et son autoportrait en Psyché. Malheureusement ce n’est pas possible. Elle passerait pour une traître à la cause. Seule l’Académie chérit le sujet mythologique… Pourtant, elle pourrait traiter le thème de manière résolument moderne !

    C’est un livre où tout devient possible pour Berthe (se baigner dans la rivière, oh oui !), où tout se dit, les langues se délient (en tout cas, Berthe a bien décidé d’en faire son parti pour le reste de ses vacances), le langage est on ne peut plus familier, employé avec tendresse et parcimonie, compensé par une description pensée, léchée (mais pas trop – sauf pour le cunni), esthétisée – pour la bonne cause, l’art de la peinture. On aime autant les natures mortes (un sujet que Berthe déteste, par ailleurs) illustrées par Mika, que les répliques tranchantes qu’il fait dire à Berthe, et l’on rit ! On croit que son mot préféré est désinvolture. On aime quand Berthe ironise et se moque d’elle-même : « On se demande ce que peut foutre un peintre pendant une demi-heure : combien de touches faut-il pour faire un tableau ? Combien de couches ? Berthe a un pinceau entre les dents, le manche lui a teint un coin de la bouche en vert. » Je me suis amusée à imaginer Mika en train de rire, lui aussi, en peignant son livre. La scène de la tante qui fait un sermon public aux petites Morisot au cours d’un repas de famille, et qu’on fait sortir de table pour qu’elle « calme ses nerfs » m’a fait beaucoup rire, oui. On rit parce que l’on se dit qu’à l’époque, on se rend bien compte que les mœurs n’étaient pas tendres. Il n’était pas facile d’être une femme. Comme, à mon avis, il pouvait être compliqué d’être un homme, la preuve avec ce pauvre Eugène, bien démuni lorsqu’il fait face à sa femme qui en veut, qui le veut, qui pourrait le bouffer tout cru, et partant qu’il fait face à la question de leur sexualité. Sans brandir l’étendard de la question des genres, de la lutte féminine, des scandales d’alors, Mika arrive à parler d’un sujet contemporain, parvient à dépeindre un temps ancien par le prisme d’un dialogue moderne. Ce petit carnet est plein de tonus, il est charmant de vivacité, il est à la fois sombre dans le réel évoqué en filigrane de chaque ligne et lumineux comme le caractère tempétueux de Berthe. Mika rature les codes sociaux comme il donnerait un coup de cutter dans une toile. Et ça, c’est beau ! Les charmes de la nudité sont portées aux nues. La pudeur est désarmante. L’appétit sexuel est puissant et dévastateur. Le sexe respire la campagne, son purin, les épices, l’humidité, le renfermé, « la confiture » ou encore « le lait caillé ». Et la page se tourne. Le calme revient. Le rythme est voulu par l’artiste — « Trop rapide. Trop lent ». Les esquisses de nature nous offrent des moments de quiétude, d’attente, d’ennui volontaire, utile, nécessaire à l’exercice du style.

    Ce que la bio de Mika ne dit pas, c’est s’il est cuisinier à ses heures. En tout cas, son petit livre est parfumé, il sent bon le lard fumé. Après quelques hésitations… « L’après-midi avan[çant] à pas de pigeon« … (Berthe a faim ! très faim… quand est-ce qu’elle va pouvoir manger un plat digne d’un bistro parisien, enfin !?), Mika nous donne alors l’eau à la bouche, et s’improvise cuistot avec une recette alléchante d’amourettes, qu’on imagine bien déglacées au vinaigre ou au vin. La cuisine à la française s’invite à la table des Manet, même dans un estaminet où l’on ne sert qu’un « plat unique ». C’est déjà ça. Le vin, Berthe n’y touche pas, ou presque. Elle sait qu’Eugène n’aime pas. Elle se retient. Mais quand la fureur de vivre et de se libérer prend le dessus, au diable les convenances des petites femmes de Paris ! Car c’est bien cette envie folle qui traverse Berthe tout au long de ces Nuits. La faim, l’hygiène, les soins, le sexe, le sexe masculin, le sexe féminin, le sexe à deux, à trois, tout y passera à l’issue de ces Nuits que Mika romance sous forme d’allégories (il y a « Nuit, et son compagnon, Noir. Leurs enfants, la petite Aube aux joues rouges et son frère Crépuscule…« ). On dirait que Berthe se sent bien seule, la nuit. On osera dire qu’elle broie du noir. Alors, son esprit divague, elle s’invente des histoires, elle scrute les ombres et le bruit. Imaginer et voir son mari nu, c’était déjà une aventure ! Mais aura-t-elle jamais l’occasion un jour d’aller plus loin que les herbes hautes et les barreaux de son lit ?

    Pour conclure, Trois nuits dans la vie de Berthe Morisot est peut-être bien à l’image des impressions de Berthe la nuit, « un tableau du Caravage. Sans têtes coupées, sans saints, sans anges. » Des nuits lors desquelles Berthe se réserve des plaisirs secrets à venir, fomente des plans pour sortir de son corset, s’emparer des étoiles, aspirer les couleurs des arbres, les injecter dans ses propres toiles et… se découvrir toujours encore nouvelle, un peu plus épanouie, un peu plus sûre d’elle, d’un lendemain à un autre, le chevalet toujours vaillant, debout, sous des ciels changeants, à la lumière des cours d’eau. Berthe Morisot ou une vie de pinceaux. Trois nuits est aussi une ode au terroir français, on y apprend à dépecer un lièvre en deux temps trois mouvements, et finalement, les vacances s’achèvent de manière assez brusques pour notre femme-peintre. L’on se demande si c’est parce que la campagne ne l’inspire guère plus que ça, ou si ce sont « les soufflés et les mousses » de Paris qui manquent au couple Manet, ou tout simplement, la honte à effacer de l’ardoise ((l’abandon du portrait de la Nine dans la maison de campagne en dit long), scrupules d’un soir mouvementé qui n’aurait jamais dû se produire pour ces personnalités bourgeoises, qui décident de faire machine arrière, et de rentrer dans leurs pénates pour remettre les pendules à l’heure et revenir dans le droit chemin parisien.

    Et toi, ma chère C., comment peins-tu aujourd’hui ? Tes humeurs sont-elles tiraillées par ta vie en ménage ? Comment composes-tu ? Je sais que la musique – ta muse, la vraie – t’est d’un grand secours d’ordinaire. Parle-moi de tes derniers dessins. Je sais aussi que tu attends de m’écouter. M’entendre te lire te ferait du bien. Nous y parviendrons, c’est promis. Moi aussi je dois composer. Pour moi. Pour toi.

    Amitiés colorées,

    f.

  • l’entêtement

    éprise de vérité
    le vent emporte les tourments
    écrire. frénétiquement.
    le style, qu’importe
    puisqu’à présent
    il faut vivre à l’entêtement
    le désir en continu
    les ordres versatiles
    un soupçon de contradiction
    puiser dans le néant
    épuiser le trop-plein
    et rechigner à l’abandon.

    f.

    crédit image en-tête : Encre L. Marquet : [affiche] / E. Grasset, 1892 ; Verdoux, Ducourtioux & Huillard sc (source : BnF)

     

  • Pensée matinale (XI)

    Madeleine Lemaire, c.1888

    Dans ma robe satinée
    lasse du temps qu’il fit
    d’une pluie ininterrompue
    sur les carreaux et les pavés
    rendant l’air aussi
    gris que le chagrin
    Je songeai à la gaieté
    qui ne pu se faire jour
    à mes yeux silencieux
    à mes lèvres emplies
    de morosité éteinte
    humide et timide
    fermant un doux visage
    honteux devant
    la pureté d’un matin.

    f.

    crédit image : gravure de Madeleine Lemaire

  • Le rêve

    Croire
    que le temps de vivre
    est le chemin à suivre
    détours virtuels
    détours charnels
    contours charnus
    gestes consensuels
    formes ésotériques
    dans la bouche du ciel
    peindre des touches
    saisons sensuelles
    et l’étreinte du rêve
    se meut grivois
    S’émouvoir !
    Silences rebelles
    Et lire
    entre les veines
    du cœur qui palpite.

    f.

    Peinture (huile) Le Rêve, 1932 de Picasso, Pablo (1881-1973)

  • Un baiser de Dieu

    Dieu :
    – Well, well, qui voilà ?

    Odile :
    – Enfin, Dieu, vous savez très bien qui je suis…

    Dieu :
    – Bien entendu, ce n’était pas la question. Odile, que faites-vous ici ? Ce n’est pas votre heure à ce que je sache, et, … non mais regardez-vous, qu’est-ce que c’est que cet accoutrement ? Non vraiment, ça ressemble presque à une blague.

    Odile :
    – Vous n’aimez pas les ballons ? Il paraît que c’est votre anniversaire en plus… ne niez pas ! Max-Louis a vendu la mèche !

    Dieu :
    – Je parlais de votre tenue, Odile,… ça a l’air vieux jeu ce que je vais vous dire mais, on ne se présente pas dans cette tenue ! pas à Dieu !

    Odile :
    – Et vous ne dites rien au sujet des ballons ? Je manque de me brûler les ailes pour toucher le Ciel, et tout ce que vous avez à me dire c’est « c’est quoi cette tenue ? »

    Dieu :
    – D’accord, sujet brûlant, ça va, j’ai compris. Qu’est-ce qui vous amène dans cette… euh…Qu’est-ce qui vous amène donc !?

    Odile :
    Aujourd’hui musique ! Pas de place pour les conventions, tout pour l’instrument, le son, les vibrations, et… le sexe, bien entendu !

    Dieu :
    – Je me disais bien…
    Dieu, faussement, inutilement dissimulé dans sa barbe : allez, arrête de mater ses nichons, concentration… une profonde pensée philosophique, là, tout de suite maintenant, Pascal, Lacan, quelqu’un ? Nan, Freud, pas toi…

    Odile :
    – Vous êtes avec moi ? On dirait que l’Univers vous échappe, c’est un rien flippant quand on vous voit de près comme ça.
    Odile s’avançant dans une succession de bruits, claquant des doigts – clac, clac, clac !

    Dieu :
    – Je vous écoute ! Je vous écoute !

    Odile, prenant une grande inspiration :
    – Cher Dieu, le monde va mal, alors que vous l’avez conçu si beau. Vous lui avez tout donné : les éléments naturels, le vivant et le non-vivant, et parmi ce vivant, l’Homme et sa chair, l’Homme et ses dons. Cher Dieu, votre Création est une merveille. Et pourtant, d’Abel et Caïn, d’Adam et Eve, de quoi héritons-nous ? ou plutôt… de quoi héritez-Vous ? Oui, VOUS ? Lorsque vous rappelez ceux que vous avez engagés sur Terre (pourquoi les avoir engagés d’ailleurs ? parfois, on se le demande, mais… c’est votre choix, hein…), y en a-t-il seulement un qui vous le rend bien ? Y en a-t-il un, parmi tous ces individus (dont je suis sûre vous n’êtes pas fier) qui vous offre avant de franchir cette barrière quelque chose sans rien attendre en retour de Vous, pas même le salut ni le pardon ?

    Dieu :
    – Je ne me suis jamais posé la question… Mais, ils attendent tous quelque chose, ça c’est sûr !

    Odile :
    – Eh bien moi, je n’attends rien, voyez-Vous. Vous l’avez dit vous-même, ce n’est pas mon heure. Mais aujourd’hui à midi pile, ce sera la Vôtre ! Je suis venue vous livrer en avant-première un concert intitulé SEXE-TROP-NIQUE ! Il n’y a pas de raison de laisser le sexe s’ébattre, dégouliner entre les corps et dans les arts, excepté dans la musique classique ! Vous comprenez ? Aussi, cher Dieu, je vais jouer pour Vous ce qu’il y a de plus originel : l’origine du monde et sa nudité, avec toutes les parts de crudités qu’elles contiennent, leurs mouvements, leur intensité.

    Dieu :
    – Je… Je ne sais pas quoi dire, c’est… inattendu. Un concert privé ? Jamais je n’ai assisté à cela. Pourtant je vois tout. J’entends tout. Mais dans ce moment présent, je … je ne vois et n’entends que vous. C’est très curieux ça… comment avez-vous fait ? Odile…

    Odile avait terminé son élucubration et ne prêtait plus attention à Dieu. Midi avait sonné, et elle avait saisi son instrument pour ne faire qu’un avec lui.
    Dieu ne cherchait plus ni pensée philosophique ni aphorisme. Il vivait pour la première fois de toute son existence (et dieu savait qu’elle était longue, … longue… longue…), il vivait donc pour la première fois un moment singulier, d’une beauté rare qu’il se surprenait lui-même à contempler dans son propre égotisme. Ce qui ne pouvait être. Dieu se surprenait à jouir d’un être et de tout ce qui émanait de lui. Ainsi la musique l’avait ramené à la condition humaine… pour la seule et unique fois de Sa vie.

    Quand la musique cessa, Dieu revint à Lui.

    Odile :
    – Cela vous a plu ?

    Dieu :
    – Je n’ai rien connu de pareil. C’est comme si… vous étiez parvenue à …me toucher ! Personne ne peut toucher Dieu (même Michel-Ange dans sa propre Création d’Adam n’a pas réussi !), mais vous…

    Odile sentit une brise légère sur sa joue. C’était le baiser que Dieu lui rendait en échange de son geste désintéressé. La brise prit de l’ampleur et le vent s’engouffra dans les ballons, emportant Odile pour la ramener sur Terre. Odile oublierait, mais Dieu… Jamais ! Et il ne manquerait pas de lui rappeler ce moment fabuleux quand son heure viendrait.

    f.

    Comme le résume si bien Carnets paresseux qui vient de clôturer gueule toute haletante le dernier agenda renardataire de décembrier ou déjanvier, les choses sérieuses reprennent (God, no! rien de sérieux j’espère), avec l’AI du vrai janvier hébergé par Jobougon« Et l’esprit subtil de Jo nous « propose donc d’aller interviewer Dieu. De le faire comme on veut (encore heureux!), chanson, hymne, conte, prière (et pourquoi non ?), roman, poésie, voire même (soyons fou !), dialogue…Mais (car il  a un mais) faudra glisser en icelle interview « au moins quatre de ces neuf morceaux de phrases à votre convenance et dans l’ordre qu’on voudra.  L’ordre d’arrivée dans les textes de ces bouts est toutafé relatif.

    Voici ces bouts de phrases, extraits des 366 réels à prise rapide de Ramond Queneau : « Aujourd’hui à midi pile ; ça ressemble presque à une blague ; succession de bruits ; comme un avis à la population ; cherche toujours ; sujet brûlant ; profonde pensée philosophique ; ça a l’air vieux mais & pas de place pour ».

  • Liquescence

    puisque je ne peux
    laisser s’aventurer
    la morsure amoureuse
    sur ton corps d’amant neuf
    je veux laisser mes traces
    autrement audacieuses
    dans les filets suintant les spasmes
    vivides et liquescents
    sentant le désir s’ébattre
    jouer entre nous deux
    et jouir de la langue

    phallique et vigoureuse
    entre phalanges et métacarpes
    de ton gland à ma chatte
    ces effets scintillants
    qui inondent nos yeux.

    f.

  • Rhapsodie hivernale

    Sur du velours tapis
    uni déroulé d'infini
    Prêt à voler l'hiver
    Insaisissable je pars

    Rapt hiémal après la pluie
    Orion se tenant en livrée
    Surprend le petit animal
    S'excitant sur du rock métal

    Page, Bonham en camouflage
    Sous une chevelure dense
    Danse sous le manteau ébouriffé
    Bat le cœur d'une vestale

    Printemps camisolé
    Qui ne tardera pas
    À dévoiler ses charmes.

    f.

    photographie, laplumefragile, 2026

  • Maille effilée

    pxl_20251107_135402005~43120405880520233464.
  • Les petits (faux) patineurs

    et autres détails d’un Bruegel… oiseaux, marcheurs, joggeur, cycliste, symboles et signes de vie, de mort, et jeux d’hiver … et la nature dans sa simple splendeur.

  • Un Bruegel

    Illustration lecteur WP : Pieter Bruegel l’Ancien – Paysage d’hiver avec patineurs et trappe à oiseaux – 1565 © Musée Royaux des Beaux-Arts de Bruxelles

  • Un Rothko dans la ville

    Fire and Ice, Bruxelles, janvier 2026, photographie, laplumefragile