Année nouvelle
des voix s’élèvent
Alice
songeuse
dans son train-train
entend non loin l’entêtant
c’estunjoyeuxnonanniversaire
le souvenir d’une fête
hors du commun
Alice
toujours petite en soi
mène sa vie de galapiat
pépère quotidien ingrat
bouches à nourrir
même-pas-beurk-les-épinards
et-les-champignons-on-adore-ça
maman en a mangé beaucoup
quand elle était enfant

Alice maman
ma-manque
manques ?
ouverture sur l’imagination
vide à combler
s’étendre au pied
d’un chêne-symbole
longévité
là où veillent et sommeillent
les fragments du poète
sommeil ? pas pour long
envie
rêverie
douce onirique
onanisme
descente
approcher le trou
tomber dedans
gare au lapin blanc
se foutre de la montre
oublier le temps
Revie

Alice revit
à travers le miroir
qui garde son éclat
après tout ce temps
reviviscence
hop ! une fiole d’épiphanie
amandes et crème
hum ! hum ! hum !
s’en mettre plein les doigts
flairer le poème gourgandin
transformation
au-delà du regard
yeux larges jamais éteints
plongée dans l’horizon
la femme est animale
ennui en mutation
désir sauvage
autour d’Alice
neuf renards neufs
en meute
courent s’ébrouent s’ébattent
dans tous leurs états
terre-eau
terreau de feu
étincelles dans l’air :
un chapelier jaloux
les jumeaux font les fous
au milieu
les renards se taillent
la part du roi
sans la reine de cœur
fiers de donner à la galette
ses splendides couleurs
de goupil jolie rose rousse
6 janvier : pile à l’heure
et en retard
pour l’agenda du douzième mois
mais jamais pour la poésie
ironique, tout ça.

f.

Ainsi
fidèles lecteurs, filous participants,
« acceptez l’offrande
De ces gais récits enfantins,
Et tressez-en une guirlande,
Comme on voit faire aux pélerins
De ces fleurs qu’ils ont recueillies,
Et que plus tard, dans l’avenir,
Bien qu’elles soient, hélas ! flétries,
Ils chérissent en souvenir.
» Lewis Caroll, trad. Henri Bué

illu en-tête du lecteur WP : Vingt-deux études de renard, Rosa Bonheur, 1890

2 réponses à « Épiphanie »

  1. Avatar de carnetsparesseux

    Entre les étrennes qui ne trainent pas, le joyeux oh-nanniversaire, et les renards qui courent en vrais galapiats, une belle revisite de l’éternelle Alice !

    Aimé par 1 personne

  2. […] (et pourquoi non ? Ils ont bien raison !) avec  trois textes : Renards Croisés & Epiphanie (Astarté) et la confession de l’Ex-Père ! Et moi ? hé bien moi, moi, moi je suis toujours […]

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Répondre à Un, deux, trois retards (agenda ironique de décembre et au delà) – Carnets Paresseux Annuler la réponse.