Catégorie : haïku d’hiver

  • Ce deuxième texte vous est présenté dans le cadre de ma participation à l’Agenda ironique de déjanvier 25-26 sous l’impulsion tardive de Carnets paresseux, et en vertu d’une affection pour les renards et le japonais.

    Opportuniste de l’hiver tardif
    [mieux vaut tard que jamais]
    la neige s’échauffe heureuse
    pubère amusée
    fond vite, et …

    coule la gourgandine
    sur Kitsune la rousse
    renard au pelage blond doré
    maculé imbibé
    les narines des cerfs de Nara
    sont à l’affut de la cerise brûlée

    dans le paysage d’un faux printemps
    baigne l’image de Kuzunoha
    regard de feu blanc
    ramène à des temps magiciens

    Entre chien et loup
    un galoupiat grisé
    veut passer son chemin
    trop tard ! il a dégoupillé

    deux renards
    affamés à ses trousses
    babines de gaité.

    f.

  • Chers lecteurs,

    Le 25 décembre s’achève, déjà ! Mais quel plaisir de vous avoir offert un calendrier de l’Avent pour patienter jusque-là. Vous pourrez retrouver chaque f/haïku du calendrier sur la page créée uniquement pour lui, reprise dans le menu en page d’accueil.

    Laplumefragile vous souhaite un très joyeux Noël tout en lumières, et vous laisse à vos fêtes, à vos proches, à vos textes et à vos couleurs, en vous glissant un dernier f/haïku qui me restait en réserve.

    Mon vœu égoïste pour 2026 ? Goûter et nourrir la chair, rechercher l’évasion, et chérir, soigner, entretenir encore la solitude heureuse qu’est la poésie, courtisane de mon cœur.

    Au plaisir de vous lire, de vous écrire, encore et encore, et de poursuivre mon petit chemin de poète en votre compagnie, si vous en êtes.

    lyre.

    MUSE
    ton mot favori
    celui des dieux aussi

    souffle-mot souffle-esprit
    mille brindilles sautent à la corde
    souffle-brise souffle-court
    braise larme silences sourds

    musique en cours
    koto dans la chambre
    haute instance des ondes
    où le chibre ondule
    sondant l’art du tout

    f.

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    Decoration: The Excursion of Nausicaa, 1920, par Dame Ethel Walker

  • 24 décembre
    f/haïku linnéen d’un courant naturaliste ou descendant de La Mettrie

    Nos corps dessinent
    des arbres à fruits
    où se reproduit
    la flore alpine

    les oiseaux savent grimper
    sais-tu ?
    après la fl-orale-pine
    consommer les corymbes
    au risque de laisser
    notre aria edulis nu

    que nous restera-t-il
    si tout est si bon à manger
    je veux encore passer
    quelques saisons avec toi.

    f.

  • 23 décembre
    f/haïku pour annoncer la fin proche de l’Avent et le début des festivités. Lumières !

    Fabuleuses
    pas parce qu’elles brillent
    parce qu’elles dansent
    ballet libre autonome

    en danseuse
    sur nos vélos
    valse de jaune fluo
    #noussommeslucioles

    narcisse monté
    sapin beau comme un ange
    son reflet dans la vitre
    fait danser les lucioles
    dans le jardin électrique

    f.

    Chalet Robinson, Bruxelles, photographie, laplumefragile, 2025

  • 22 décembre
    f/haïku en mémoire aux promesses qui s’égarent

    Il y a bien longtemps
    que je n’en ai pas fait
    en ai-je seulement prononcé
    les ai-je tenues,
    oublié leur formule ?

    elles baignent dans les esprits
    des lacs et des châteaux
    et dans cette maison
    entre l’île et le chemin des fées

    où règne l’eau pâle
    où j’y ai caché
    la première et la dernière part
    de nos souvenirs
    qui n’ont pas de saison

    f.

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    f.

  • 21 décembre
    f/haïku chaud, à consommer tout de suite pour bien démarrer l’hiver.

    D’où vient cette chaude larme
    d’un salut d’un caprice ?
    effet heureux d’un vain venin
    oser le vin d’épices

    du bleu au rouge
    les veines chauffent les cuisses
    enivrante boisson
    de l’antidote et du poison
    tu as mis le feu
    à l’eau des rêves froids

    tout est paisible
    mordoré volatile
    ce que je bois limpide
    à ta coupe s’érige en secret
    au-dessus de tout.

    f.

  • 20 décembre
    f/haïku évanescent, gorgé d’eau suivant la technique tarashikomi, en composition verticale

    Du calme au flot
    il faut tendre l’oreille
    aux soupirs qui disent tout
    paroles de vérité

    les pas de mon sommeil
    marchent sur l’eau
    la fleur d’oga s’éveille
    se dresse m’enlace
    kakemono de soie à soi

    les draps mouillés du matin
    racontent l’étendue du rêve
    qui n’en était pas un

    f.

  • 19 décembre
    f/haïku sifflant dans le lointain, comme une cheminée en rut crachant toutes ses vapeurs

    Wagon-couchette
    bains d’or rose matinal
    caressant perles et pétales
    l’Orient-Express fend la rosée

    sur la banquette
    te prendre
    au pied de la lettre
    est-ce l’air des steppes
    qui électrise mes orteils ?

    perdre pied
    entre tes lèvres de Gin mouillées
    songes d’Isatis et d’Honorine
    l’hiver au pelage d’hermine
    offre bien doux voyage

    f.

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  • 18 décembre
    f/haïku furtif

    Sous l’œil du jour
    le corps est encore nu
    et profite des frissons
    aurore déjà perdu

    chassée par l’aube
    aventureuse
    grande évadée des ombres

    roux dans blanc
    indécent déluré
    défaire la robe
    kitsune court si vite

    f.

    A. Rodin, in Aquarelles érotiques (#4836 Femme en mouvement avec vêtements entrouverts, une main au visage)

  • 17 décembre
    f/haïku d’un courant impressionniste. Berthe Morisot nous prête sa chambre, le temps d’une? deux ? rencontres…

    D’un courant spectre
    l’air batifole
    affolant gingerbread
    des peaux tannées
    aux murs porteurs de corps

    nos chairs flagrantes
    de lit en motel
    décorent suant délirantes
    s’émiettent s’étreignent
    dans un brasero blanc

    tout se tient
    en tension sous silence
    les sons geignent
    derrière le grand rideau
    quelqu’un nous voit

    f.

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