Ton silence après l'amour me plonge dans un rêve solitaire : je sens encore ton membre et ta bouche solidaires, allongée sur le sol de confettis recouvert, petits morceaux éparpillés de bonheur qu'on balaye, d'un seul coup d'un seul comme des draps qu'on retire d'un geste ferme, c'est tout à coup l'éternité qui est éphémère.…

Cher F., J'aime toujours autant t'écrire. T'écrire c'est vivre, pour reprendre la citation de Marina Tsvetaeva. Même pour ne rien te dire. Comme aujourd'hui. J'ai pris toute la pluie. Ce soir je l'ai accueillie. Toutes ses gouttes. Toute sa fraîcheur. Toute son humidité moite. Toute sa force. Elle a lavé mes pieds meurtris d'immobilité de…

Cher F., C'était beau, nous deux, ce soir. C'était beau nous deux. Cela veut dire quoi ? C'est simple, cela va tenir en une lettre, celle-ci. Aujourd'hui, j'ai ma petite mèche rebelle, comme Proust avait la sienne. Cette mèche rebelle, comme elle est belle ! Elle te fait signe et t'invite à suivre sa courbe…

Cher F., Oh, tes mots, tes doux mots. Ils me font tellement de bien. Encore plus de bien quand je ne m'y attends pas, quand je crois que je dois faire jouer l'amnésie, quand je crois que je dois faire semblant d'oublier. Tout oublier. Pourquoi l'autre chante que ce n'est plus la saison du spleen…

Des pieds à la tête

Je n'ai pas oublié. Même après tous ces jours écoulés sans nous appartenir, sans nous étreindre et sans nous contenter, je n'ai pas oublié. Je n'ai pas oublié cette sensation délicate et sensuelle, cette sensation agréable et nouvelle éprouvée la semaine passée. Cette sensation d'accord parfait, quand nos pieds... quand nos pieds se sont mis…

Dans cinquante mètres, nous arriverons à la place. Dans cinquante mètres, nous nous attarderons sur cette place. Nous continuerons de parler, pour ne pas briser l'échange. Parce que je veux encore t'écouter. Parce que tu veux encore me répondre. Parce qu'on ne veut pas se quitter. Parce qu'on veut encore s'aimer un peu, un peu…