Cher F.,

Il pleut des larmes grises, et je voudrais être dans tes bras, sentir ton sourire acajou, ton pull bleu roi sur moi. Il paraît que c’est l’été, mais je ne le vois pas. La branche a cassé. Ils n’ont pu la réparer. Cette cécité me plaît toutefois. Sans mes lunettes, je ferai avec. J’observerai. J’observerai le gris monde, ou vert, on le voudrait. Immonde, de cet attribut il naît.
Mon fichu s’est envolé à la terrasse d’un café. Je n’ai pu le rattraper. Le pourras-tu ? Il porte le parfum de ma douce morosité. Elle n’est pas vilaine. Elle a l’odeur du café. Elle sent ta cigarette, ma fleur d’oranger. Si tu le rattrapes au vol, il te rappellera nos petits déjeuners.
Il a plu des larmes grises, tantôt présentes, tantôt passées. Comme mon fichu, elles se sont envolées. Je me suis retrouvée dans tes bras, ce velours-né. Sans savoir comment. Sans se poser les pourquoi. J’ai ouvert mon carnet, et la belle agonie gisait là. Elle fait la fière sur sa page, et se pavane. Elle se la coule douce, tranquille, sereine. Elle sait qu’elle est de passage. C’est elle, la reine du jour, après nos nuits d’amour.

Elle est née sur les bords de la Seine, un jour sous le soleil de Paris-plage…

f.

4 réflexions sur “La belle agonie

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