Cher F.,

Courte lettre muette. La plus succincte, peut-être.

Je me souviens quand sur les bancs
nos baisers murissaient
à l’ombre des passants
sous le regard un peu voyeur
surtout jaloux
des arbres en fleurs.
Cette floraison était pour nous.
Elle existait, elle, pour le coup,
en toutes saisons.
Notre amour survolait le temps,
surpassait le climat et même les événements.
Car nous avons quand même tenu le coup
longtemps
malgré la violence qui régissait ta vie
et qui sévissait dans celle-ci.
Je me rappelle en long en large
nos rêves dissolus…
Pris entre des projets inaboutis
Nous étions encore jeunes pourtant
Ah, notre jeunesse éperdue
Je me souviens quand le soir tombant
sans toi dans mon lit nue en t’attendant
j’écoutais comme ma mère les Innocents.
Je ne me souviens pas de moi enfant
C’était comment ?
Je me rappelle bien les peintures de Vincent
cependant.

Je me souviens seulement quand sur les bancs…
Je me souviens quand nous étions amants.

f.

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