Port-Loeil, Sterintel. Petits coins de paradis terrestre. Îlots de nature, de tranquillité. Clichés ? Non, c’est vrai. Je m’en suis fait ma propre idée. Tu peux venir vérifier. J’ai rêvé que tu puisses me rejoindre ici. Tout quitter là-bas pour venir faire un bout de notre vie, ici. Fantasmes. C’est souvent le cas quand il s’agit de toi. Ces deux recoins de notre pays natal m’ont fait grand bien, si tu savais. Le havre de paix existe bel et bien. C’est ici, entre ces deux petites régions côtières. La plume fragile est sereine ce soir, ce soir avant le grand départ. Mon cher ami, si tu savais comme je t’ai écrit pendant ces semaines, ces jours dorés passés au soleil dans une région charmante qu’on peine à quitter. Comme toi. J’ai tellement de peine à nous quitter. Je ne sais plus qui a écrit Lettres à une inconnue. Toi, je te connais, je t’ai connu. Enfin, j’admets parfois que cette certitude s’ébranle. Nous sommes-nous connus ? Une chose est certaine, nous nous sommes désirés, désirés si fort… C’est Marguerite Duras qui écrit dans l’Amant : « Il n’y avait pas à attirer le désir. Il était dans celle qui le provoquait ou il n’existait pas. Il était déjà là dès le premier regard ou bien il n’avait jamais existé. Il était l’intelligence immédiate du rapport de sexualité ou bien il n’était rien. » Ton regard, oh oui, ton regard m’a plu au premier coup d’œil, au premier échange. Il m’a intriguée, interpellée, interrogée, captivée, emprisonnée aussi, mais également désirée. Tu me regardais comme une femme, une vraie femme, une femme que tu désirais. Je ne m’étais jamais senti femme avant de te rencontrer, avant de tomber sous le charme de celui qui m’a fait naître femme. Dire que j’ai été mère avant d’être femme. Le monde ne tourne pas rond, nous le savons bien.

À toi. À mon seul désir. Titre de la dame à la licorne. Célèbre tapisserie de Cluny. Les cinq sens. Et le sixième, mystérieux. Quel est-il ? Le Beau. L’élévation de l’âme. Le désir, le désir charnel, peut-être. Une invitation à se laisser aller à ses émotions, ses sensations. Retour de l’homme naturel de Merleau-Ponty. Faire vivre les passions pour lutter contre l’entropie. Tu es le Désir.

3 réflexions sur “Les Lignes du souvenir (prélude)

  1. Zweig n’aurait pas renié ces moments nostalgiques sans comprendre à part en étant amok comme on peut quitter une femme amoureuse, il aurait cherché, il aurait inventé une histoire d’amour impossible, des relents de pitié dangereuse, de confusion des sentiments, de placards qui ferment mal, des portes qui s’envolent en fumée, allez savoir !

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