Juliet and Dauwsey, from the movie The Guernsey Literary And Potato Peel Pie Society

Je ne sais pas si je trouverais les mots justes pour cette critique. Je dirais simplement que le film était beau. Les scènes, les décors, les personnages (clichés à souhait), l’histoire dans l’Histoire, le tout formait un cadre bien homogène, agréable et attendrissant.

Mais, spectateurs abhorrant les romances presque indolores et les scénarios cousus de fil blanc, s’abstenir !

Ce n’était pas mon histoire et pourtant, il y avait peut-être la mienne au milieu de tous ces personnages. Juliet me faisait penser à fragile. Cette femme un peu naïve, éprise de liberté, curieuse, prête à suivre son cœur n’importe où celui-ci la conduirait.
À chaque fois qu’on croisait son regard, on pouvait lire dans ses pensées. On savait où elle voulait aller. On savait qu’elle ne voulait pas de cet appartement luxurieux. On savait qu’elle n’était pas amoureuse de Mark. On savait qu’elle ne partait pas sur l’île pour un week-end seulement. On savait qu’elle était tombée amoureuse de Dauwsey à la première lettre qu’ils s’étaient échangée. On savait qu’elle finirait par décliner l’offre de Mark. On savait qu’elle retournerait sur l’île pour y fourrer son nez, s’en mêler et finalement y vivre. On se doute que son éditeur n’est pas vraiment porté sur les hommes. On se doutait qu’elle avouerait à Dauwsey ses sentiments de but en blanc. On savait qu’ils se retrouveraient. On savait qu’il dirait oui, qu’on nous annoncerait qu’ils vivraient heureux et qu’ils auraient (probablement) l’un ou l’autre enfant. Enfin, qu’elle offrirait son manuscrit de bonne grâce au Cercle qui l’a receuillie. Quant à sa carrière dans le milieu littéraire suite à cet épisode historico-épistolaire…, l’histoire du film ne nous la raconte pas.

Alors, même en sachant que chaque destin est construit de manière telle que la surprise n’est jamais au rendez-vous, on se laisse porter, on se laisse raconter, on se laisse toucher par leurs sentiments, leur vie d’antan, leur vie présente et leur vie à venir, paisiblement. On aime la tendresse inhérente de cette histoire d’amour mêlée à/emmêlée dans l’âpreté et la brutalité de la guerre et des horreurs que ces personnes ont traversées.

Ce qui m’a plu : le travail de recherche qui nourrit l’écriture, la création par l’écriture, la curiosité sans limite, la frénésie des doigts sur la machine à écrire, les notes, les feuilles et les carnets envahissant cette chambre de bonne, l’objet-souvenir chargé de symboles : la solidité, le socle et l’équilibre, (le poids de) l’attachement et le lien familial mais également la fragilité de ces liens et du souvenir.

On regrette juste que l’histoire dans l’Histoire soit déjà tout tracée. Que raconte la version du livre ? Ami lecteur, ton commentaire sera le bienvenu à ce sujet.

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