f – « Tu ne me dis plus je t’aime par « peur de blesser l’autre en n’étant pas à la hauteur (d’un engagement, d’une promesse, d’un principe) ». D’accord, et quand tu m’embrasses alors ? Et quand tu me fais l’amour ? Tu n’oses plus me dire ces mots mais tu m’embrasses toujours et tu as toujours envie de me faire l’amour. Tu crois sincèrement que l’absence de « je t’aime » m’épargnera ? Cela revient au même pour moi. Tu me blesses quand même quand tu te replis, quand tu es silencieux, quand tu ne me réponds pas, puisque physiquement tu es toujours là, toujours prêt à répondre présent quand tu en as envie. Par contre, moi mes envies… Elles sont le plus souvent passées sous silence. Tu t’es bien gardé de répondre à mon dernier message qui disait à quel point j’avais envie de toi et envie d’être ailleurs aussi, loin d’ici, mais avec toi. Bref…

F – Je n’avais jamais vu cela sous cet angle-là. Et oui, c’est vrai, je n’ai pas réagi à ce message.
Mais je t’aime.
Je t’aime quand je te cherche et que je ne te trouve pas.
Je t’aime quand tu tournes les talons par mécontentement ou désapprobation et quand je réalise ma maladresse dont résulte l’incompréhension.
Je t’aime quand tu es provocatrice.
Je t’aime quand tu joues avec moi.
Je t’aime quand je te surprends le matin sur le quai de la gare, quand je te vois et quand je peux partager ces quelques minutes privilégiées avec toi avant d’aller travailler.
Je t’aime, j’aime te faire l’amour.

f  – Je ne te demande pas de me le dire pour me le dire. Si cela te gêne, ne dis plus rien. J’avais juste envie de souligner cette ambivalence. Ces gestes qui semblaient être en décalage avec les mots. Ces mots devenus absents qui ne suivaient plus les gestes qui demeuraient présents. Cela m’a troublée un temps.
F  – Je t’aime. Néanmoins, je me demande, si tu es mon île, qui suis-je dans le fond pour toi ? Qu’est-ce que je représente pour toi ?
f  – Mon modèle hybride.
F  – Ce n’est pas très romantique tout ça (sourire pincé).
f  – Je n’ai jamais dit que je l’étais (sourire narquois). »
C’est vrai, fondamentalement qu’est-ce qu’il représentait pour moi ?

f – « Ma liberté, mon expression, répondis-je en toute simplicité. Mon autre moi, finis-je par ajouter. »

Je repensai alors à cette définition de l’amour que j’avais trouvée belle dans son caractère physiologique : l’amour ou « la certitude viscérale d’avoir retrouvé une moitié perdue de nous-mêmes » (lire l’article de J.-C. Bologne). Quand j’étais avec lui, et même quand nous étions séparés, c’était ce que je ressentais. Ces émotions me prenaient aux tripes. Ce n’était pas pour rien si l’on parlait toujours du ventre, de ce ventre que j’aimais embrasser sans cesse. Mais c’est curieux, j’adore son ventre alors que j’abhorre son nombrilisme.

F – « Tu as raison. Nous ne disons pas à l’autre ce qu’il a envie d’entendre. Nous disons les choses telles que nous les pensons. Chez toi, c’est ce que j’aime. Tu portes aux nues la vie, tu vis la vie comme tu l’entends. Quant à moi je suis triste, continuellement.
Mais je constate que tu es la seule « chose », la seule personne au monde qui parvient à briser mon égocentrisme. Je parviens à me détourner de moi-même lorsqu’il s’agit de toi. Tout à l’heure, je voulais savoir comment tu allais. Je voulais vraiment parler de toi; je ne cherchais pas à savoir comment s’était passée la réunion. Je ne m’intéressais qu’à toi. C’était tout ce qui m’importait. Et c’est tout ce qui m’importe en ce moment. »

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