Extrait du roman Un sourire marquant,
de C. Cordensan

La naissance de Vénus, de Botticelli

« Il me prit dans ses bras et commença à me caresser. Il cherchait à deviner l’apparence de ce nouveau sous-vêtement qu’il avait sous les doigts. Je lui avais garanti un body ultra sexy. Là encore, même si j’éprouvais une satisfaction certaine, j’avais imaginé la scène un peu autrement, mais c’est toujours pareil ; les premiers instants sont toujours les plus pressants. La lenteur est fugace. Sans qu’on le veuille pour autant. On a hâte de retrouver le corps de l’autre, de le sentir, d’en absorber les odeurs et la chaleur. Alors on se déshabille, plutôt deux fois qu’une. En prime, la chambre venait d’être aérée, il faisait assez froid, ce qui n’invitait guère à l’amour. On se déchaussait rapidement, sans prendre le temps d’admirer l’autre véritablement.

Il découvrit enfin le bijou de tissu que je portais si bien. J’en étais fière et je me sentais désirable dans cette dentelle bleu nuit. Mon corps était tout à lui. Je me retournai près du lit. La dentelle soulignait mes fesses en accentuant leurs courbes ; les voyant si bien soulignées, il ne put s’empêcher d’exprimer un petit cri de contentement, comme si son cœur venait de sursauter. N’a-t- on donc jamais vu ou entendu un cœur sursauter ? Ce fut le cas. J’étais heureuse. Je voulais sentir son regard se poser sur moi, je voulais sentir son regard me parcourir comme si j’étais une œuvre d’art, une peinture de Botticelli, que l’on scrute, qu’on analyse, dont on est curieux de comprendre l’histoire et les détails.

Mais l’instinct lubrique, primaire, prend systématiquement le dessus. Désir charnel, quand tu nous tiens. Je montai sur le lit et fis l’un ou l’autre saut de cabri, comme une gamine qui joue sur son lit, avant de me réfugier sous les draps, contre lui. Car à peine m’avait-il découverte qu’il s’était précipité sous la couette. Je l’avais donc rejoint en vitesse. Il pourrait bien continuer de m’admirer plus tard, lorsqu’on se rhabillerait et que l’on se déshabillerait à nouveau. En attendant, j’avais trop envie de lui. Il n’attendait que moi. Je finis par retirer mon body, après que les deux boutons pression eurent cédé sous l’envie d’apprécier sa langue sur mes lèvres alanguies. »

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s