Cette nuit-là, elle n’avait pas résisté à la tentation de se masturber en pensant à lui. Elle avait tellement envie qu’il soit là, au-dessus d’elle, derrière elle, en dessous d’elle, en elle!

Déjà bien épuisée par la course à pied et sa séance de musculation, l’exercice d’onanisme n’en fut que plus éprouvant, plus qu’elle ne se l’était imaginé.

Mais le désir lui en avait pourtant donné la force et l’envie. Elle pouvait le voir, le sentir, le ressentir, encore une fois, mais dans son lit cette fois. Dans le lit conjugal où elle se livrait, sans gêne, encore ce soir, à ce plaisir extraconjugal.

Elle avait attendu un peu que son mari s’endorme. Le sentant endormi, elle avait glissé son bras sous la couette. Elle sentait sa nuisette, si douce et si légère. Quand elle l’a remontait, elle pouvait presque sentir ses mains la parcourir.

Avant d’avancer sa main plus loin entre ses cuisses, elle l’avait retenue un instant. Le temps de sentir sa respiration, son ventre s’abaisser, rentrer, puis se relever, se soulever. Comme une marée montante. Comme le mouvement des vagues, ce va-et-vient sur la plage, mouillant peu à peu le sable.

Son souffle commençait à se faire court. Elle avait peur que ses ondulations sur le lit ne manquent de le réveiller ou qu’il se retourne d’un seul coup dérangé par les mouvements répétés sur le matelas.

Mais c’était trop tard pour s’arrêter. Elle était lancée et il venait de la rejoindre. Elle le voyait qui la regardait, sentait son souffle tout juste perceptible sur sa poitrine, elle le sentait entre ses reins, comme chantait l’autre. Ils s’étaient si souvent regardés qu’elle pouvait à tout moment en son absence se le représenter sans grande difficulté. Elle connaissait bien son regard, elle était fascinée, obsédée, entêtée.

Très vite, les larmes sont montées. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas vécu l’orgasme de cette façon-là. Elle venait de l’atteindre, non sans mal cette fois-ci, mais elle devait à présent s’étouffer dans un sanglot à demi ravalé. Les larmes ont jailli. Chaudes, légèrement salées, elle les sentait couler le long de ses joues. Ces joues teintées de rose qu’il aimait voir après qu’ils avaient fait l’amour.

Elle rabattit la couette jusqu’au-dessus de sa tête et mordit dedans un bon coup. Son cœur battait très fort ; il aurait pu sortir de sa poitrine mais elle le confinait sous la couette. D’un geste, elle s’est retournée, les lèvres crispées et les abdominaux contractés ; surtout ne pas crier.

Aucun son n’est sorti. Elle essuya ses larmes à moitié desséchées de ses deux index et enfouit sa tête dans l’oreiller.

Exténuée, elle se senti tout juste sombrer. Le jour perçait, la pénombre laissait place à la clarté. Il était déjà temps de se lever.

2 réflexions sur “La nuisette

    1. Cher lecteur,
      Fantasmer n’est pas tromper. On peut le reconnaître (ou pas, c’est selon). Après, dans ce texte, il vaudrait mieux lire le terme « extraconjugal » au sens littéral (« paraconjugal » étant moins sexy, mais pourquoi ne pas tenter un néologisme, c’est vrai); ceci étant, dans le roman, il ne s’agit pas que d’un fantasme mais bien d’une relation sexuelle, extraconjugale, avérée.

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